Forum citoyen pour un débat d'idées, dans le respect des personnes et la bienveillance à leur égard.
L’association AVEC
L’association AVEC (Association pour que Vive l’Expression Communale à La Tronche, créée en 1989) a, comme son intitulé l’indique, pour objectif principal de contribuer à donner à la population tronchoise des éléments d’information et de débats concernant la vie communale, et notamment sur les projets qui touchent au cadre de vie. A ce titre, AVEC a participé à toutes les réunions (Conseil de développement, LAHGGLO, EP SCoT,..) qui ont été organisées sur le projet du SCoT. Conformément à son rôle d’information, AVEC a organisé une réunion publique sur la commune de La Tronche le 18 juin 2012 et a distribué aux habitants de La Tronche une lettre annexée au présent avis.
AVEC mesure les difficultés à rédiger des documents qui s’appliquent à l’ensemble des 273 communes de la région urbaine grenobloise. Certaines sont rurales ou montagnardes, avec un nombre d’habitants peu élevé et d’autres sont très urbaines avec plus de 30 000 habitants. Par ailleurs, les documents du SCoT ont une valeur juridique, et doivent donc utiliser un langage précis au sens juridique. Ce langage n’est pas toujours accessible au public, malgré les efforts de communication qui ont été faits. C’est le rôle des associations de servir d’intermédiaire, et de mettre à la portée du public les éléments techniques. La présentation faite par AVEC en réunion publique est jointe en annexe. Le reproche d’une vision technocratique est un peu court : Les corps intermédiaires : (associations, mais aussi communes) doivent s’emparer des sujets, les décoder, les mettre à porter de tous. C’est en désertant le débat qu’on laisse la part belle aux technocrates.
L’association AVEC s’interroge sur l’avis défavorable émis par la commune de la Tronche, très peu argumenté, et alors même qu’aucune présentation du projet n’a été faite, ni en conseil municipal public, ni réunion publique.
Diagnostic
AVEC a pris connaissance avec intérêt du diagnostic réalisé par l’EP SCoT. Ce qui concerne notamment l’étalement urbain, les espaces agricoles, les déplacements, l’habitat, l’emploi, l’environnement donne des éléments pertinents pour justifier les choix du SCoT. Le développement partagé du territoire relève d’un nouveau concept qui devra être accepté par l’ensemble des acteurs : élus, habitants, commerçants,… Cette notion est essentielle pour le « bien vivre ensemble » dans l’ensemble de la région urbaine grenobloise.
Préservation et valorisation des espaces naturels, agricoles et forestiers
D’une manière générale, l’EP SCoT aurait peut-être dû mieux associer les représentants des parcs naturels régionaux du Vercors et de Chartreuse. En tout cas peu d’éléments du dialogue avec ces parcs apparaissent dans le dossier.
Nous constatons également que contrairement à ce qui a été entendu lors de la période de préparation, les communes conservent, au travers de leur Plan Local d’Urbanisme, une responsabilité dans la fixation des limites à l’urbanisation.
Sur le territoire de La Tronche, nous sommes satisfaits de constater que les espaces agricoles doivent être conservés. Les successeurs du dernier exploitant agricole de notre commune pourront continuer l’activité sans risque d’urbanisation potentiel dans l’avenir dans un secteur très convoité par les promoteurs, d’une part, et soumis à des risques naturels d’autre part.
Un autre motif de satisfaction et l’inscription de la Forêt des Sablons dans la trame verte et bleue. La carte des limites indique une urbanisation possible le long de la RD 1090. Par ailleurs, le SCoT préconise d’éviter l’urbanisation le long des voies à fort trafic. Il est louable de constater que le SCoT laisse aux communes, et donc aux habitants le soin de résoudre ce type de contradiction.
L’offre de logements
Les objectifs de cohérence et d’équilibrage sont bien présents : créer des emplois en périphérie ; créer des logements dans la zone centrale, pour réduire les besoins de déplacements. Les besoins sont également exposés, notamment en matière de logements aidés. Il reste cependant dans le public une inquiétude forte sur les formes urbaines, sur ce qu’on appelle dans le SCoT l’intensification urbaine, et qui est traduit par le public par densification. La densification continue à faire peur. Le SCoT souhaite rendre la ville désirable, insiste sur la qualité de vie. Il manque des exemples pour montrer qu’on peut construire de l’habitat collectif, tout en offrant un cadre de vie agréable aux habitants.
Les déplacements
La loi du 10 juillet 2010 (Grenelle 2) fixe, en matière de déplacements, des objectifs cohérents avec les problèmes de la région urbaine grenobloise, en particulier pour la qualité de l’air dans la cuvette de Grenoble. La diminution des besoins de déplacements, par la création d’emplois et de service de proximité sur tout le territoire, le développement des transports collectifs, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la maîtrise de l'énergie, la prévention des pollutions et des nuisances nous semblent aller dans le sens d’une amélioration de la qualité de vie et de la santé, notamment pour les populations qui habitent autour de la rocade sud (St Martin d’Hères, Echirolles). Les pratiques d’aménagement doivent changer et se mettre au diapason des nouvelles lois.
L’association AVEC est favorable aux propositions suivantes formulées par le SCoT :
- La baisse du nombre de véhicules en circulation avec le développement du covoiturage, de la marche et du vélo, ainsi que des transports collectifs avec l’optimisation et la fiabilisation des lignes de bus (exemple avec la ligne Chrono Grenoble- Meylan en 2012).
- La fiabilisation des temps de trajets grâce à l'aménagement des axes autoroutiers les plus chargés pour y limiter la formation des bouchons. Le réaménagement du Rondeau nous apparaît comme l’action prioritaire à mener, notamment pour améliorer la qualité de l’air dans une zone d’habitation dense. Ce réaménagement et la mise à 2x3 voies de l'A480 seront à articuler, comme le préconise le SCoT, avec une réflexion sur la vitesse optimale (autour de 70 km/h), la largeur des voies, le coût, les conséquences pour les riverains et l'environnement. Une baisse des vitesses pourrait permettre de créer plus de bandes de roulement sans élargissement couteux et de dégager des voies dédiées au co-voiturage, aux transports en commun et aux activités économiques. Ce réaménagement est à penser dans une logique de circulation apaisée dans un environnement urbain, et non dans la logique autoroutière ancienne.
L’association AVEC a constaté avec satisfaction l’abandon par le SCoT du contournement routier nord de l’agglomération de Grenoble. En effet, les études présentées dans le dossier de l’enquête publique sur le projet de rocade nord du Conseil Général de l’Isère en 2009 étaient très éclairantes en ce qui concerne l’organisation des déplacements : il y aurait eu un transfert de circulation automobile entre le centre de Grenoble et la rocade. Mais la circulation en amont de Grenoble aurait augmenté et les bouchons actuels auraient persisté. Par ailleurs, comme cela a été constaté dans de nombreuses grandes villes, la création d’une nouvelle structure routière apporte systématiquement une augmentation du nombre de véhicules à moyen terme et favorise l’étalement urbain. Ce qui n’est pas cohérent avec les objectifs affichés du SCoT, et ce que le SCoT ne manque pas de rappeler.
Conclusion
L’association AVEC approuve ce projet de SCoT. AVEC tient à souligner la qualité de ce projet qui s’inscrit dans la mise en œuvre des dispositions de la loi du 10 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement (Grenelle 2), en rupture dans certains domaines avec le document stratégique précédent (le schéma directeur). Ce SCoT est porteur d’espoir et d’enthousiasme pour la mise en œuvre d’un développement durable, dont on peine parfois à trouver la signification, mais qui trouve ici une expression intéressante, même si elle est parfois contradictoire.
Comme les documents l’indiquent, il y aura un suivi du SCoT. Nous souhaitons que des indicateurs qualitatifs et quantitatifs soient régulièrement publiés : déplacements, pollution, santé publique, qualité de vie…