La rocade Nord de Grenoble, incluant le tunnel sous la Bastille, est inscrite de longue date dans les documents officiels, comme le schéma directeur de la région grenobloise et le plan de déplacements urbains (PDU) de l'agglomération, mais son avant-projet détaillé (APD), attendu pour fin 2005, n'a pas encore été rendu public. On ne connait donc toujours ni les dispositions précises du projet officiel, ni son estimation.
L'Etat ayant annoncé qu'il se retirait du financement et du pilotage de l'opération, les élus locaux (Conseil Général, Metro, Ville de Grenoble) ont déclaré qu'ils ne pourraient en assurer seuls la charge, et qu'ils devaient rechercher soit des concours et des montages financiers innovants, soit des économies. Le débat sur ce thème se poursuit avec les représentants du monde économique.
L'attention du Président du Conseil Général a été retenue fin 2005 par une proposition de variante technique susceptible de faciliter la réalisation du projet et d'en réduire le coût : c'est la « variante CUMIN », qui propose de modifier le tracé de la rocade sur le territoire de La Tronche. Au lieu de s'enfoncer profondément sous l'Isère et le quartier de l'Ile Verte, ce tracé longerait la rive droite de l'Isère en passant sous les quais Fortuné Ferrini et Yermoloff. Il se poursuivrait par un tunnel pénétrant sous la Bastille aux abords du « Prieuré » et ressortant à St-Martin-le-Vinoux comme dans le projet officiel.
Rendue publique de manière assez brutale par le Président du Conseil Général, cette variante a suscité une forte réaction de rejet à La Tronche, notamment de la part du Maire et du Conseil Municipal, qui l'ont estimée incompatible avec le schéma directeur et le plan local d'urbanisme. Après des contacts entre le Maire et le Président, le Conseil Général a néanmoins décidé de financer et d'engager une étude technique pour apprécier la faisabilité de cette solution et en évaluer le coût.
Pour sa part, l'association AVEC, à partir des quelques documents disponibles, a estimé que cette variante était, dans la forme présentée, inacceptable, mais que l'enjeu qu'elle représente méritait un examen approfondi. Aussi, sans préjuger de son coût final, on pouvait imaginer des aménagements susceptibles de la rendre acceptable et de la comparer utilement au projet officiel. AVEC a écrit dès le 6 février 2006 au du Président du Conseil Général pour s'associer à la réaction de la Commune et pour demander qu'une concertation soit immédiatement ouverte sur le contenu et les objectifs de l'étude technique décidée. AVEC a seulement, après relance, reçu début juin l'assurance que « dès que la réflexion sera suffisamment avancée, un échange pourra être organisé avec [notre] association sur ce projet » , et que « la faisabilité de l'enfouissement total de la rocade entre la RN 90 et le tunnel sous la Bastille » sera bien étudiée. On en attend donc les résultats.
Pour alimenter le débat… affaires à suivre
Sur un plan plus général, le principe même de la rocade Nord fait toujours débat. Une consultation publique a été annoncée, mais les modalités n'en sont pas encore connues.
Il faut aussi rester vigilant pour que la concertation ait bien lieu suffisamment tôt, et que la faisabilité de l'enfouissement total soit effectivement étudiée avec sérieux.